Le franglais

Adolescente, j’ai souvenir que c’était « cool » de parler franglais. En particulier dans la région de Montréal. On était cette jeunesse qui avait appris à bien parler et écrire en anglais tout au long de notre cursus scolaire, dès notre plus tendre enfance. Ainsi, on voyait cela comme une langue propre à notre situation. Cétait notre mode d'expression.


C’était aussi en raison du phénomène de diglossie, propre à cette région. La province de Québec est entourée de milieux anglophones. C’est un peu le petit village d’irréductible en Amérique du Nord pour ce qui est du bastion de la langue française. Toutefois, au fil des ans, la langue anglaise ne s’est pas tenue confinée quà la partie ouest de l’île de Montréal ; cette langue s’est répandue un peu plus tout autour. Et cela s’est accentué par l’arrivée de migrants devenus bien plus nombreux. 


Ce n’est qu’avec le recul et quelques années plus tard que je me rends compte de cette tendance auprès du public en France, surtout lorsqu’on se met à écouter des baladodiffusions. À entendre certaines personnes sur leur émission, j’ai l’impression de remonter en arrière, au tournant du début 2000. Elles veulent s’exprimer en plaçant le plus de mots anglais possible dans leur parler français. Hélas, je trouve qu’il s’agit d’une perte langagière.


Depuis belle lurette, la riche langue française a été détrônée de son statut de lingua franca pour être remplacée par l’anglais. Pourtant, le français possède une telle richesse par son vocabulaire alors que les anglophones ne font qu’employer les mêmes mots à toutes les sauces. 


Récemment, j’ai eu cette question qui m’a traversé l’esprit : pourquoi autant d’anglais dans la langue française, et ce, surtout en France alors que la majorité n’a aucune envie de se casser les burnes et de se coucher face à son ennemi de longue date, perfide Albion ? Ce n’est plus juste apparent dans les publicités, c’est dorénavant entré dans l’usage de certains. Et c’est sans compter les nombreuses autres langues s’ajoutant à la concoction, ce fameux métissage.


La langue doit certes évoluer avec la société pour clairement rester un moyen de communication entre ses locuteurs. Néanmoins, elle ne devrait se laisser immerger par qui ou quoi que ce soit, au point de ne devenir qu’un simple point. Permettre aux autres langues de s’immiscer et remplacer notre langue s’avère une perte de notre propre capacité à nous exprimer et à garder vivante cette langue qui est nôtre avec son bagage et son histoire. N’oublions pas que toute langue a son importance.

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